A quatre jours de leur procès, les prisonniers politiques sahraouis demandent leur libération « immédiate et inconditionnelle»


PARIS- Les prisonniers politiques, appelés «groupe de Gdeim Izik», ont demandé, à quatre jours de leur nouveau procès, leur libération «immédiate et inconditionnelle» et le jugement des responsables marocains des «détentions arbitraires».
«Nous, groupe de Gdeim Izik, demandons : notre immédiate et inconditionnelle libération ainsi que tous les détenus et prisonniers de guerre sahraouis dans les prisons (au Maroc et dans les prisons marocaines dans les territoires occupés)»,
ont exigé, dans un communiqué parvenu à l’APS, ces prisonniers politiques jugés par un tribunal militaire marocain et détenus depuis 2010.
Ils exigent également la poursuite et le jugement «des geôliers et des responsables des enlèvements, des détentions arbitraires, ainsi que les responsables de toutes les formes de tortures physiques et psychologiques dans des postes de police et de gendarmerie d’El Aâyoun occupée, dans la prison locale Salé 2 et Salé 1 et dans la prison locale Aarjat».
Le 27 juillet dernier, la Cour de cassation marocaine a annulé la condamnation prononcée par le tribunal militaire à l’encontre de 24 militants et défenseurs des droits de l’homme sahraouis, arrêtés dans le cadre du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, rappelle-t-on. Ils doivent être rejugés lundi prochain par un tribunal civil.
Les 23 accusés ont été condamnés le 16 février 2013 à de lourdes peines d’emprisonnement pour «appartenance à une organisation criminelle, violences volontaires entrainant la mort de fonctionnaires» et, pour certains, «profanation de cadavre».
Ils sont notamment accusés d’être «responsables de la mort de neuf agents de sécurité marocains au cours du démantèlement du camp».
«Après 6 ans l’intervention militaire des forces de l’occupant marocain contre le camp de Gdeim Izik, par tous ses organes de répression (gendarmerie, police et forces auxiliaires), les tentatives du royaume chérifien continuent dans la dissimulation de la vérité et la négation de sa responsabilité directe dans cet acte sauvage et barbare», ont-ils affirmé, soulignant que le Maroc, à travers «le tribunal civil», «confirme, aujourd’hui, que nous, prisonniers politiques de Gdeim Izik, sommes jugés en tant que citoyens et civils d’un Etat étranger».
A cet effet, les militants sahraouis détenus demandent l’ouverture d’une enquête internationale par l’Onu sur «les crimes commis par le royaume du Maroc après son attaque contre le camp de Gdeim Izik», précisant que ces violations du droit international sont classées comme des «crimes de guerre et des crimes contre l’humanité».
Des milliers de Sahraouis, vivant dans la partie du Sahara occidental sous occupation marocaine ont quitté leur résidence, en octobre 2010, pour s’installer dans des camps temporaires à la périphérie des villes, rappelle-t-on, pour protester contre les discriminations économiques et sociales exercées par la force occupante dont les Sahraouis s’estiment victimes.
Le 8 novembre 2010, les militaires marocains, armés de canons à eau et de bombes lacrymogènes, ont attaqué le camp de Gdeim Izik occupé par près de 20 000 Sahraouis.
Des affrontements ont éclaté entre l’armée et des manifestants sahraouis, au cours desquels neuf soldats marocains auraient trouvé la mort, selon les autorités marocaines.
Après 27 mois de détention préventive, 24 militants sahraouis ont été condamnés par un tribunal militaire à de lourdes peines d’emprisonnement pour leur implication dans le mouvement de protestation.
Les prisonniers politiques sahraouis tiennent l’Etat marocain «responsable de toutes les conséquences, particulièrement, après la décision du Comité contre la torture de l’ONU du 12 décembre 2016».
Le Comité de l’Onu contre la torture a condamné le Maroc pour de multiples violations de la Convention contre la torture : torture pendant l’arrestation, l’interrogatoire et la détention du militant sahraoui  Naâma Asfari, absence d’enquête sur les allégations de torture répétées, violation de l’obligation de garantir le droit de porter plainte à travers des représailles contre la victime et l’un de ses avocats, violation de l’obligation d’indemnisation et réparation, prise en compte d’aveux signés sous la torture et mauvais traitements en détention.
A cet effet, le comité onusien a exigé du Maroc d’indemniser la victime, de mener une enquête indépendante et impartiale sur les allégations de torture et de mauvais traitements et de poursuivre les auteurs et de s’abstenir de tout acte de pression, d’intimidation ou de représailles susceptibles de nuire à l’intégrité physique et morale du plaignant et de sa famille.
«Cette procrastination des autorités marocaines consacre, par la force du droit, notre détention comme grave violation systématique et préméditée contre le droit à la liberté», ont souligné les prisonniers.
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